Road Trip sur la Manche, la Petite Irlande Française (1/2)

Road Trip sur la Manche, la Petite Irlande Française (1/2)

Direction : la Manche !

Et si nous partions direction la mer ? Et si nous prenions le temps de nous dépayser, de sortir des sentiers battus ? Envie de dépaysement, mais pas forcément de sortir de la France ? Du coup, je crois, que j’ai ce qu’il vous faut ! Alors, enfilez vos blousons, nous sommes partis direction la Manche, « La Petite Irlande » Française.

La Manche, est bordée par la mer à laquelle, le département doit son nom. Entouré par le Calvados, l’Orne, l’Ile-et-Vilaine ainsi que la Mayenne, l’on ne compte tout de même pas moins de trois cent cinquante kilomètres de côtes. Témoins de période de l’histoire allant des invasions Vikings, jusqu’au Mur de l’Atlantique. C’est une partie du pays, qui ne manque pas de souvenirs à vous raconter. Alors, pour une fois, pas tout-à-fait seul dans mon aventure, je vous propose de vous raconter mon road-trip sur quatre jours, et notamment du côté de la péninsule du Cotentin.

Le sentier des Douaniers sur les traces de Jean-François Millet.

Pas tout à fait seul cette fois en effet, puisque j’étais accompagné par Clara. Clara ? Oui, vous savez, @Clarafotomania, la rédactrice du blog WildRoad.fr. Effectivement c’est à deux que ce voyage dépaysant s’est déroulé. Et pour cause, non content de visiter la région, nous avons décidé de camper. Pour être encore plus dépaysé, et plus proche de la nature que jamais. Si nous avons campé dans des campings dédiés pour des questions de commodités, nous avons aussi voulu faire du bivouac sauvage. Donc, dans la lignée du « Leave no Trace », pas de feu, pas dégâts à l’emplacement de la tente et alentour. Nous nous sommes lancés à l’aventure dans le respect de la nature. Et aussi, bien évidemment, dans le respect des règles que je vous invite à consulter ici concernant le « camping sauvage ».

Le commencement 

Après avoir récupéré Clara en Seine-Maritime, tôt le Mardi matin, nous sommes partis en direction de notre première destination… Mais avant, un petit arrêt au village de Pont l’Évêque, c’est imposé. Donc, au restaurant « Le Bouchon Normand », nous avons pris le temps de nous poser et nous sommes régalés. La gentillesse, des personnes, ainsi que la chaleur du cadre de cette maison de tradition bouchère lyonnaise revisitée à la Normande, nous ont tout simplement conquis. Le menu à 18€, plat et dessert nous a parfaitement convenu, avec le jour de notre visite, un magret de canard sauce aux fruits rouges, pour Clara. Un tartare assaisonné pour moi-même, et en dessert, une délicieuse brioche perdue avec sa glace à la vanille.
Nous revoilà en route le ventre bien rempli, direction Utah Beach.

Utah Beach

La Manche réputée pour son territoire resté rural, reste un grand lieu d’Histoire. Une des plus récentes, et dont nous avons fêté l’arrivée il y a soixante-quinze années maintenant c’est le D-Day : le Jour du Débarquement. Utah Beach est sans conteste un des lieux emblématiques de cette fameuse journée. Alors, cette plage qui avait été choisie pour sa facilité d’approche, deviendra par la suite un des ports de débarquement de matériels et de troupes alliées, majeurs. Il paraissait ainsi évident d’y aller, pour voir ce lieu où, un bon millier d’homme ont laissés dans le sable, et dans la mer, leurs vies, pour délivrer notre cher patrie.

Utah Beach

Le mémorial

Si le cœur vous en dit alors, vous pourrez en plus de voir les monuments et matériel militaire d’époque visiter le mémorial d’Utah Beach. Cela n’était pas prévu dans notre programme, puis finalement surpris par une averse, nous nous sommes abrités, et avons conclu de le visiter (8€ par personne).

Ce fut une bonne découverte, il faut compter environ une heure et demi, deux heures, si l’on veut le faire entièrement. Entre les vidéos, les documents d’époques, et l’impressionnant avion bombardier conservé dans le hangar à l’architecture sublime. Le mémorial permet de remplir son rôle de transmission. Mais aussi grâce à sa richesse de vraiment expliquer pourquoi, et comment s’est déroulé le fameux D-Day, et quel coût, en a-t-il résulté.

Finalement, le mauvais temps laissant place à une accalmie, nous décidons de reprendre la route, et bookons dans le même temps, une place pour une tente au camping municipal de Réville, non loin de notre prochaine étape.

Saint-Vaast-la-Hougue.

Il était déjà assez tard dans l’après-midi quand nous sommes arrivés à Saint-Vaast. Ce village, qui saura vous proposer de quoi vous divertir à par ailleurs été sacré Village Préféré des Français, dans l’émission de Stéphane Bern, cette année en 2019. Nous voulions faire la traversée en bateau-amphibie, pour gagner l’Ile de Tatihou. Nous, nous rabattrons finalement sur un petit tour de la ville rapide pour le soir. En glanant des informations, nous apprenons qu’à côté de notre camping se situe le restaurant « Le Goëland 1951 », ce sera notre adresse du soir pour fêter notre première étape.

Le Phare de Gatteville

Une fois la tente montée au camping municipal 3 étoiles, de Réville (17€ la nuit). Nous reprenons la voiture pour une escapade un peu plus au nord et peut être capturer notre premier coucher de soleil : le Phare de Gatteville. N’hésitez pas à aller y faire un tour, ce beau phare effectivement, saura vous transporter avec douceur. Construit au XIXe siècle, il est avec ses soixante-quinze mètres de haut, le deuxième phare de France, et surtout d’Europe. Une visite ainsi à ne pas manquer !

Le Goëland 1951

Enfin, après pris ce bol d’air salin, et surtout en avoir pris plein les yeux nous nous dirigeons vers le camping. Mais avant nous nous arrêtons au restaurant sur la plage : Le Goëland 1951. Construit dans un blockhaus, son atmosphère y est pourtant plus que chaleureuse. De vieux meubles et de la bonne musique, la proximité avec vos voisins. Surtout, cette impression que rien ne peux vous atteindre ici, vous feront passer un moment exquis. Pour le repas, nous prenons simplement un plat : le Burger Goëland pour Mademoiselle, qui se régala, et pour moi-même le Fish & Chip’s, qui sera lui aussi très bon avec de bonne frites maisons. Pour faire passer ce repas une bouteille de cidre bio LeMasson, fabriqué localement. Tout ceci pour la somme de 42€ ce qui reste franchement abordable les pieds dans le sable.

Sur la route du Phare de Gatteville

Petit Déjeuner sur les fortifications Vauban à La Hougue

La nuit passe au calme, et nous voilà tôt le matin. Nous nous dépêchons de ranger nos affaires, de prendre une douche, et de retourner vers Saint-Vaast la Hougue. Nous avons rendez-vous avec le lever du soleil, du côté de la Hougue, la pointe située au Sud de la ville. C’est là également que se trouve les fortifications Vauban assez impressionnante. Supportés par la population locale à cette heure tôt (3 jolies biquettes en fait…), armé du Jetboil, qui m’a plus que convaincu sur son fonctionnement et sa facilité d’utilisation comme de rangement. Le café est vite prêt, les tartines ont ce goût des matins magiques. Le paysage est simplement féerique, avec le soleil nous baigne dans un halo doré et chaud qui fait du bien au corps comme à l’esprit.

Nous irons par la suite faire un crochet par l’épicerie Gosselin, en centre-ville. C’est une véritable caverne d’Ali Baba, qui transpose les sens, en une palette de douceurs et de gourmandises. Alors que cette épicerie familiale a été fondée en 1889, elle a su garder tout le charme et l’authentique saveur, d’un commerce de proximité. Fleurant bon, l’ailleurs, comme l’ici, se balader dans ses rayons, m’a fait l’effet d’un voyage dans le temps. Naturellement, je me revoyais petit dans ces épiceries de villages, avec ces produits qui parlent autant sur leurs étagères que ne me parlent les récits de mes grands-parents.

Du soleil, un café, quelques tartines chocolatées : la belle vie.

L’ile de Tatihou

Nous nous rendons par la suite à l’embarcadère (après bien sûr avoir réservé nos billets aller et retour et comprenant aussi la visite du musée, soit 21€ pour deux.). Mais, à peine 5 minutes après que le bateau-amphibie, se soit élancé, nous voilà déjà à l’abordage de l’Ile. 5 minutes de bateau, pour avoir l’impression réelle, sincère et partagée avec Clara, de débarquer en pleine Irlande. Alors, nous flânons un peu dans cette campagne saisissante et exposée aux éléments marins, puis nous prenons la direction du Musée Maritime.

Le musée maritime

Dans ce dernier, vous découvrirez l’histoire de la marine Française, mais aussi, la façon dont son histoire nous est parvenue. Embarquez pour un voyage dans l’histoire, et laissez vous porter dans une scénographie moderne et actuelle dans les batailles opposant le Royaume de France face à ses principaux conquérants. Vous pourrez aussi en suivant la visite, suivre l’histoire du « Sainte-Thérèse – Souvenez-Vous ! » Ce cordier construit en 1948 à Barfleur, doit son nom à un autre cordier le « Sainte-Thérèse », qui sombra après avoir heurté une mine maritime en 1945.

La carcasse du Sainte-Thérèse Souvenez-Vous. Une restauration avait été entreprise en 1996 mais ne s’est pas achevée faute d’Hommes et de moyens.

Sur un air d’Irlande

Enfin, il est temps maintenant de gagner les fortifications Vauban, à l’autre bout de l’Ile. Nous passons par les jardins, protégés par les murets, les tours, de cet ancien Lazaret. Puis nous regagnons le sentier, par lequel nous sommes arrivés. Et déjà se profile la tour jumelle de celle à laquelle nous avions rendu visite le matin. Les deux tours (non ce n’est pas un mauvais remix du Seigneur des Anneaux promis…). Sont classées au patrimoine Mondiale de l’Unesco. Sur l’Ile vous aurez l’avantage de pouvoir y monter, et admirer le paysage alentour et jusqu’au littoral tout proche.

Puis, laissez vous tenter par une promenade dans le fort. Perdu entre la végétation, et les modifications apportées au long de son histoire (car endroit stratégique du Mur de l’Atlantique ici aussi, de par son avancée dans la mer.). Entre blockhaus, point de vue, vous pourrez éventuellement vous restaurez avec le food truck sur place. Pour le coup, nous avions anticipés, en prenant de quoi pic-niquer sur le continent. Nous nous sommes installés au pied de la Tour, mais face à la mer. Finalement après un bon repas et une sieste, nous rentrons sur le continent. Notez tout de même qu’il est possible de faire la traversée à pied, lorsque la mer est basse, et que le coefficient le permet.

L’intérieur de la Tour
Vue sur l’extérieur du Fort

Gréville – La Hague

C’est en voiture que le périple se poursuit. Un des plus gros sauts de puces que nous ferons par ailleurs : environ une heure de route. Si nous faisons le choix de passer par Cherbourg, nous ne nous y arrêterons pas, préférant poursuivre notre programme vers des horizons dépaysants et sauvages. Arrivés à Gréville, nous nous laissons, séduire par un Grévillais. Cette spécialité, est une bombe à calories, mais surtout un délice : une pâte feuilletée, renfermant des fruits rouges (mais il existe aussi une variante aux pommes. Environ 3/4 €). Et surtout caramélisé. Nous le gardons précieusement pour le goûter que nous prendrons plus tard.

Vue sur les fleurs du Sentier des Douaniers.

Le hameau de Gruchy

C’est au hameau de Gruchy que nous abandonnons la voiture. Ce hameau, dont le nom ne vous dit peut-être rien abrite la maison du célèbre peintre Jean-François Millet. Parmi ses œuvres les plus connues, « Le Semeur », « Les Glâneuses », ou encore « L’Angélus ». Ce peintre réaliste a pour spécificité de peindre les souvenirs qui jalonnent son enfance. Des scènes de la vie rurale, immortalisée à jamais dans sa mémoire, et en peinture pour le reste des temps. Voilà de quoi en plus de nous faire voir un monde riche d’authenticité, nous faire voyager dans le temps. (l’entrée : 7€ pour deux avec le pass tarif préférentiel acquis à Saint-Vaast.).

Nous décidons après notre passage dans sa maison natale, d’emprunter un des sentiers, le sentier des Douaniers, longeant la côte à peine 200 mètres plus bas. La magie opère et en quelques pas, nous devenons nous-mêmes des personnages d’un de ces tableaux que nous avons pu admirer précédemment. On se promène, on respire. Nous sommes VIVANTS. C’est, je crois un des points d’orgue de notre aventures. Finalement face aux montées et aux descentes parfois abruptes du sentier, nous décidons de nous poser sur un promontoire, et de dévorer nos grévillais, afin de reprendre un peu d’énergie. Nous prenons le chemin du retour, il est temps de repartir.

Omonville-la-Petite & Port-Racine

La maison de Jacques Prévert

Enfin, cette fois, c’est à peine 15 minutes de voitures qui nous attendent, tandis que nous prenons doucement la direction d’Omonville-la-Petite. Là aussi, il s’agit d’un petit hameau, un havre d’à peine quelques âmes. Parmi elle, vous avez déjà entendu parler d’un de ses plus célèbres résidents. Jacques Prévert, s’installa à Omonville-la-Petite en 1970, et y mourut sept années plus tard. C’est là qu’il est enterré, et que vous pouvez par ailleurs lui rendre hommage sur sa tombe.

Prévert, c’est un de mes péchés mignons. Avec un brin de musique perdu dans des textes aussi éclairés que poétique. Cette ferveur d’un homme dont la voix résonne dans les chansons, dans la littérature. Dans ce monde qui l’entoure à l’époque : les révoltes des ouvriers de l’industrie, la musique de la nature, le théâtre, et le cinéma. Jacques Prévert est un touche à tout, un Français dont la voix sonne comme le craquement feutré, d’une bûche dans l’âtre. Il parle à l’âme que l’on soit un cancre amoureux, ou un dandy fleur bleue. Sa maison est à son image, simple. Quant à son jardin, il est aussi fleuri que son univers. Alors, si vous aimez la littérature, si vous aimez la poésie, c’est un détour que je vous invite à faire. Clairement. (Entrée 7€ comme pour la maison de J-F. Millet, avec le Pass, et pour deux).

Sa maison est à son image : simple et authentique.

Le plus petit port de France

Après ce bain de poésie, de mots doux, presque avec l’odeur du tabac de Jacques, nous sommes allés voir Port-Racine. Il s’agit du plus petit port de mouillage de France. Il accueille des canots dont la longueur n’excède pas cinq mètre cinquante de long, pour deux de large au maximum. En fait, à peine plus que la taille d’une voiture standard environ pour vous donner une idée. De plus, c’était un des endroits favoris de Jacques Prévert justement, situé à, à peine deux kilomètres de sa maison précédemment visitée.

Le plus petit Port de France !
La dolce vita aux abords de Port Racine.

La Hague : le phare de Goury

Dans les paysages qu’il faut avoir vu une fois. Ceux dont il faut avoir apprécié la beauté ne serai ce que pour le plaisir des yeux, celui de l’âme et de l’esprit. Je mettrai le phare de Goury sans aucuns doutes. Perdu en mer, à quelques huit cent mètre au large de la côte, il semble émerger de l’eau, comme une constellation se distingue dans le ciel. C’est un air de bout du monde. Comme si le phare marquait ici, le bout de la terre. « A cet endroit, s’arrête le monde. Ni le temps, ni rien de ce que vous connaissez, n’a plus prise. Vous êtes maintenant éternels. ». Voilà presque un pèlerinage en vérité, vous en prendrez plein les yeux. En vérité, Les photos parlent d’elles-mêmes je pense.

Le phare de Goury, à la pointe de la Hague, donne une impression de bout du monde.

Fin de la Première partie

Voilà, pour la première partie de ce Road Trip à travers la Manche ! Dans le prochain article, vous découvrirez le bivouac sauvage que nous avons fait. Le superbe et impressionnant Nez-de-Jobourg, et nous terminerons avec une sortie Glamour au possible… ! Mais entre deux, il y aura encore pleins d’autres belles choses à découvrir.
Alors, ça vous plait ? Vous voulez des informations complémentaires ? Laissez-moi un commentaire ou un message !

Aussi, j’aimerai particulièrement remercier Clara pour cette aventure dans laquelle elle m’a emmené, et elle m’a supporté durant ces quatre jours. Mais, j’aimerai aussi remercier toutes ces personnes que l’on a croisé durant notre aventures et qui ont toutes étaient de bons conseils. Bien sûr, je réitérerai mes remerciements dans la partie 2. Mais je tenais toutefois à le faire dès à présent !

La baie d’Ecalgrain, à côté de laquelle nous avons campé ! A découvrir dans la partie 2 ;-).

Envie de découvrir la suite ? Alors cliquez ici : Road Trip dans la Manche (2/2)

Je suis Alexandre Bridenne, passionné de voyages, de cultures et de découvertes, je vous partage ici toutes mes aventures en mots et photos.

2 thoughts on “Road Trip sur la Manche, la Petite Irlande Française (1/2)

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